L'accompagnement médico-social auprès des personnes immigrées âgées dans les départements de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne : quelle place pour les chibanis (as) ?

Auteur(s) : TOUAHRIA Yahia
Paris : Cnam, 2016, 175 p.

Thème : Environnement social politique
Mots-clés : Immigré, Retraité, Personnes âgées, Politique publique, Accompagnement social
Spécialité : Travail social, action sociale et société
Directeur : Mohamed Madoui et Aissa Kadri
Annexes : bibliographie, annexes

Résumé : Rendre la vue ! Telle est l'ambition de cette étude. Il faut dire qu'une cécité générale frappe notre société : la population des immigrés âgés est "invisible" tant aux yeux des pouvoirs publics que des médias et du grand public. Pourtant, ils sont près d'un million sur notre sol. Pourquoi passent-ils sous les écrans radar ? Étant pour la plupart d'anciens 0S1 et OS2 de la machine industrielle de la France des Trente Glorieuses qui ont ramené femmes et enfants laissés au bled dans le cadre du regroupement familial autorisé dans les années 1970, leur faible capital humain de départ rend ardue la compréhension de la machine juridico-administrative de l'État-providence français. En outre, étant déjà issus d'un univers mental peu porté sur la revendication, leur présence en France est toujours conçue comme transitoire, tant du côté des autorités que de leur côté à eux. Le papy-boom, lui-même résultant des enfants du baby-boom qui ont vieilli à une époque où l'espérance de vie a significativement augmenté, a permis d'installer durablement une nouvelle catégorie dans notre paysage démographique : le troisième âge. Ainsi, la question du traitement de la vieillesse a déjà largement pénétré le débat public et fait l'objet d'une politique active depuis un certain temps. Toutefois, il y a des failles dans les dispositifs mis en place en faveur de nos anciens. Outre une qualité inégale selon les territoires ils ont le défaut de considérer toute la population âgée comme un bloc monolithique. "Un remède pour un mal" semble être leur credo là où le mal de cette population se conjugue au pluriel. La fraction des personnes âgées immigrées en est une illustration éloquente. Certes, cette classe d'âge doit relever un certain nombre de défis qui lui sont communs : se soigner correctement, être pris en charge en cas de dépendance, financement des obsèques, etc ... Toutefois, il existe bel et bien des spécificités liées à une fraction importante de cette population que constituent les personnes âgées immigrées. Une passionnante recherche de terrain mêlant observations en conditions réelles et entretiens semi-directifs permet de découvrir un pan de notre histoire largement méconnu. Cette génération porte en elle un pan de la mémoire de la France et du Maghreb d'une séquence bien définie : l'après décolonisation et les Trente Glorieuses. Son discours fait émerger des contradictions intimes qui lui sont bien propres : faut-il s'enraciner définitivement en France ou retourner dans un pays redevenu en partie étranger et où l'on aura de nouveau à affronter l'épreuve de l'immigration ? Faut-il se faire inhumer dans la patrie d'accueil ou retourner auprès de ses ancêtres millénaires ? Plus prosaïquement, est-il possible de vivre une vieillesse en conformité avec une foi islamique profondément ancrée et qui se heurte pourtant aux coutumes d'un pays laïque ? Il s'agit là d'un défi de taille : permettre à une génération d'anciens dont la force de travail a alimenté l'essor économique de la France de vivre une vieillesse digne. Modestement, cette étude poursuit le dessein de braquer les projecteurs des pouvoirs publics ainsi que des professionnels de l'accompagnement médico-social sur cette population qu'on ne peut plus faire semblant d'ignorer. Indexation libre de l'auteur : personnes âgées immigrées, vieillissement, politiques publiques, accompagnement médico-social, spécificités ethno-culturelles.



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